Dimanche matin. 14 décembre. Premier jour de règles.
Je regarde mon agenda de la semaine. Pas de massage avant vendredi. Aucun rendez-vous.
Je n'ai rien calculé. Je n'ai pas organisé ma semaine en fonction de mon cycle. Ça s'est fait comme ça.
Comme si mon corps suivait un rythme plus grand que moi. Un rythme naturel. Celui de la lune, des saisons, des cycles qui nous dépassent.
Je suis connectée à quelque chose de plus vaste. Et quand je ne lutte pas contre ça, tout s'aligne.
Ma to-do list est toujours aussi pleine. La maison, les enfants, les courses, l'asso. Tout tourne. Mais cette semaine, j'avance différemment. Plus calmement.
Et je me suis dit : ce n'est pas la première fois.
À chaque fois que mes règles arrivent, mon planning se calme. Naturellement.
Les quatre saisons de ton cycle
En ayurveda, tout est cycle. Les saisons, les doshas, le jour et la nuit. Et ton cycle menstruel aussi.
Chaque phase correspond à un dosha dominant. Une énergie différente. Un rythme différent.
La phase menstruelle : l'hiver (Vata)
Tes règles, c'est l'hiver de ton cycle.
Vata domine. L'énergie d'élimination, de légèreté, de mouvement vers le bas. Ton corps se vide. Se nettoie. Se libère.
Vata, c'est le vent. L'air. Le mouvement. Et ça travaille. Énormément.
Cette semaine, je me sens exactement comme ça. Fatiguée. Pas malade. Juste... vidée. Parce que mon corps travaille. Il élimine. Il se renouvelle.
Et ça demande de l'énergie. Beaucoup d'énergie.
C'est pour ça que je suis plus lente. Plus lasse. Pas par faiblesse. Parce que mon corps fait un travail intense que je ne vois pas.
La phase folliculaire : le printemps (Kapha)
Après tes règles, l'énergie remonte. Doucement.
Kapha prend le relais. La terre. L'eau. La construction. Ton corps reconstruit ce qu'il a éliminé. Ton endomètre s'épaissit. Ton énergie revient.
Ce n'est pas encore l'explosion d'énergie. C'est la douceur. La stabilité. Le calme avant l'action.
Kapha me donne cette sensation de solidité. De me sentir ancrée. Posée.
L'ovulation : l'été (Pitta)
Milieu de cycle. Ovulation.
Pitta explose. Le feu. L'intensité. L'efficacité maximale.
C'est là que je suis au top. Organisée, rapide, claire. Je gère dix trucs en même temps. Je pète le feu.
Mes meilleures journées ? Toujours en pleine ovulation. Je le vois maintenant.
Mon cerveau tourne vite. Mon corps répond. Je suis dans mon élément.
La phase lutéale et le SPM : l'automne (Pitta → Vata)
Après l'ovulation, Pitta continue. Mais il commence à surchauffer.
Le SPM arrive. Pitta déséquilibré. Irritable. Critique. Impatiente.
Puis Vata revient doucement. La fatigue. L'anxiété. Les pensées qui tournent. Le sommeil qui se fragmente.
C'est la phase où mon corps me prévient. Où je sens que mes règles approchent.
Se célébrer au lieu de se cacher
En Inde, quand une jeune fille a ses premières règles, on la célèbre. Il y a une cérémonie. On marque ce passage. On honore ce nouveau pouvoir de créer la vie.
Ici, on nous a appris à cacher. À faire comme si de rien n'était. À être performantes tous les jours du mois.
Mais si au lieu de cacher, on célébrait ?
Pas forcément avec une grande fête. Juste en reconnaissant. En honorant ce que notre corps fait.
Cette semaine, je me donne la permission de ralentir. Et je me rends compte que ce n'est pas une faiblesse.
C'est une force. Celle d'honorer mon corps. De lui donner ce dont il a besoin pour mieux repartir après. Parce que quand j'écoute mon rythme au lieu de lutter contre lui, je me sens plus sereine. Plus apaisée.
La permission de suivre son rythme
On nous a appris à être constantes. Performantes. Égales à nous-mêmes tous les jours du mois.
Mais notre corps, lui, ne fonctionne pas comme ça.
Il a des hauts et des bas. Des phases d'action et des phases de repos. Ce n'est pas une faiblesse. C'est de l'intelligence.
Suivre son cycle, ce n'est pas se laisser aller. C'est écouter.
Comprendre qu'il y a des jours où tu peux tout gérer. Et des jours où tu as besoin de ralentir.
Et que les deux sont normaux.
Cette semaine, ma to-do list est pleine. Mais je ne cours pas. Je fais ce qui doit être fait. Le reste suit son cours. Je lève juste un peu le pied.
Et ça va.
Ton cycle, ta boussole
Ton cycle menstruel, ce n'est pas un problème à gérer. C'est une boussole.
Il te dit quand accélérer. Quand ralentir. Quand te poser. Quand foncer.
Si tu l'écoutes, si tu le suis, tout s'aligne. Naturellement.
Tu n'as pas besoin de tout calculer. Juste d'être attentive. De remarquer.
Remarquer que ce matin tu as mal à la tête alors que ça ne t'était pas arrivé depuis trois semaines. Remarquer que depuis hier tu as envie de sucre alors que d'habitude tu n'en consommes pas tant. Remarquer que tu es plus irritable. Ou plus fatiguée. Ou au contraire, au top de ton énergie.
Ces signes, c'est ton corps qui te parle. Qui te dit où tu en es dans ton cycle.
Moi, je commence tout juste à comprendre ça. À suivre ce rythme. À faire confiance.
Et je me sens mieux. Plus alignée. En harmonie avec mon corps et la nature.
Et toi ?
Tu remarques les phases de ton cycle ? Tu sens ces changements d'énergie ?
Ou tu forces, tous les jours, peu importe où t'en es ?
Peut-être que cette semaine, tu peux juste observer. Remarquer où tu en es. Comment tu te sens.
Et te donner la permission de suivre ce rythme naturel. De te laisser guider.
Tu es connectée à quelque chose de plus grand.
Laisse-toi porter 💙
